J’ai passé la soirée d’hier à relire nos anciens e-mails professionnels. Ceux que j’échangeais avec un client il y a trois ans. Rien de suspect, tout à fait corporate, mais entre les lignes il y avait quelque chose. Une tension. Un jeu. Des formules de politesse qui duraient un peu trop longtemps. Des références culturelles glissées dans des discussions sur des taux d’intérêt.
On ne s’est jamais rien dit. On ne s’est jamais vus en dehors du bureau. Mais je repense encore à ces messages.
Bernadette. Quarante-sept ans. Banquière à Calais. Divorcée depuis cinq ans. Je cherche ça. Cette électricité par écrit. Ce tchat sexy avec femme qui sait construire une phrase, qui comprend qu’on peut jouir d’une conversation avant de jouir tout court.
Je ne veux pas de photos de bite à la troisième ligne. Je ne veux pas qu’on m’appelle « bébé » avant de connaître mon prénom. Je veux un homme qui aime écrire. Qui prend son temps. Qui comprend que le désir se construit mot après mot.
Si tu es dans le Nord, si tu as plus de quarante ans, si tu sais ce que c’est qu’un subjonctif imparfait et que l’idée de me faire attendre trois heures avant de répondre à un message te paraît excitante, écris-moi.