La semaine dernière j’ai surpris mon reflet dans la vitrine d’une boulangerie à Pessac et j’ai réalisé quelque chose de bizarre. Je ne me reconnaissais pas vraiment. Pas physiquement, non. Plutôt dans ce que je dégageais. Une femme pressée qui traverse sa vie sans s’y arrêter vraiment.
Quarante-sept ans, un corps qui a toujours attiré les regards même quand je préférais qu’il passe inaperçu, des formes généreuses que j’ai longtemps cachées sous des pulls trop larges. Maintenant je m’habille différemment. Je porte ce que je veux. Et ça change tout, cette simple liberté.
Je cherche pas un sauveur ou un plan cul express. Plutôt une rencontre tchat qui ressemblerait à ce qu’on vivait avant, quand internet servait encore à parler pour de vrai. Des mots qui prennent leur temps. Des phrases qui se construisent. Un homme qui sait raconter autant qu’écouter, qui comprend qu’une conversation peut devenir quelque chose d’autre sans se précipiter.
J’aime bien l’idée qu’on se découvre par messages d’abord. Que les mots fassent monter quelque chose de lent et d’intense. Et puis après, si l’envie est là de part et d’autre, on verra. Peut-être un café quelque part dans le coin. Peut-être plus.
Vivienne. Ça fait longtemps que je me suis pas présentée comme ça à quelqu’un.