Il fut un temps où je savais parler pendant des heures. Où les mots venaient facilement, où chaque conversation pouvait durer toute la nuit sans que je m’en rende compte. Maintenant je passe mes journées à chanter des comptines, à essuyer des nez qui coulent, à consoler des chagrins de bout de chou. Je rentre chez moi le soir et le silence de mon appartement à Pamandzi me colle à la peau comme une seconde couche.
Je ne cherche pas quelqu’un pour combler un vide. Je cherche juste à retrouver ce que c’est que de parler vraiment. D’avoir une discussion qui ne tourne pas autour des doudous perdus ou des menus de la semaine. Un tchat sexy avec femme qui sait encore construire des phrases, qui a envie d’explorer autre chose que des banalités.
Vingt-huit ans et parfois j’ai l’impression d’avoir déjà tout oublié de ce qui me rendait vivante. Les échanges qui piquent, qui surprennent, qui montent doucement en intensité jusqu’à ce que les mots deviennent autre chose. Je ne promets rien d’autre que ma présence réelle derrière l’écran. Une vraie conversation, peut-être coquine si l’envie vient naturellement, peut-être plus si le courant passe vraiment.
Adélaïde. Nourrice le jour, nostalgique le soir.