La salle des maîtres sent toujours le café brûlé et la craie. Moi je sens autre chose. Le besoin de parler à quelqu’un qui ne me demandera pas comment organiser la kermesse ou si j’ai corrigé les cahiers.
Gabriela, vingt-trois ans, arrivée à Maripasoula il y a huit mois pour ce poste. Les enfants sont adorables, la forêt autour est magnifique, mais les soirs sont longs. Très longs. Et je commence à comprendre pourquoi certaines collègues plus âgées passent leurs soirées sur des sites de tchat cougar gratuit, même si moi je suis loin d’être une cougar.
Je cherche pas un mec du village, trop compliqué quand tu croises les parents à la boulangerie. Je cherche quelqu’un qui sait écrire plus que trois mots, qui a envie de jouer avec les phrases, de tester jusqu’où on peut aller juste avec des mots. J’aime quand ça monte doucement, quand on devine ce que l’autre pense avant même qu’il l’écrive.
Le soir, quand j’enlève mon chemisier sage et que je me glisse sous la douche, je repense parfois à ces conversations qui m’ont tenue éveillée bien plus tard que prévu. C’est ça que je veux retrouver. Pas un plan cul direct. Plutôt cette électricité dans les doigts qui tapent sur le clavier.
Si tu sais écrire, si tu comprends la différence entre parler et draguer bêtement, viens tchatter.