Je vais être franche avec toi : à Bandrele, les occasions de tchat entre adultes ne courent pas exactement les rues. Ou plutôt les routes de terre. Ou plutôt les sentiers où même le réseau capte mal. Bref tu vois l’idée.
Veuve depuis trois ans. Quarante-six ans. Une maison trop grande. Des voisins qui me regardent comme si j’allais craquer d’une seconde à l’autre. Spoiler : non. Je vais très bien merci. Juste un peu seule parfois quand le ventilateur tourne en boucle et que les conversations se limitent à la météo ou au prix du carburant.
Je cherche pas l’amour de ma vie. Ni un thérapeute gratuit. Ni quelqu’un qui va me plaindre parce que oh mon dieu la pauvre veuve esseulée. Non. Je cherche juste un type capable d’aligner deux phrases sans faute de français catastrophique et qui sait parler d’autre chose que de foot ou de sa voiture. Un type qui aime les mots. Qui sait jouer avec. Qui comprend qu’on peut s’exciter avec des phrases bien tournées.
Si tu sais écrire sans abréviations débiles et si l’idée de dialoguer vraiment t’intéresse plus que de m’envoyer une photo de ta bite dans les cinq premières minutes, écris-moi. Sinon passe ton chemin. J’ai déjà donné.