Ex-correctrice au Mont Boron, rencontre tchat lettrée
14 octobre 2026
Pendant vingt-cinq ans, j'ai traqué les fautes dans les pages d'un quotidien, souvent jusqu'à une heure avancée de la nuit. Ma première vraie conversation ici a commencé par une coquille : un monsieur m'a écrit qu'il rêvait de me « dévorer » au lieu de me « découvrir ». Il jurait que c'était la faute du correcteur automatique. J'ai fait semblant de le croire, et nous avons parlé jusqu'à l'aube. Voilà ce que j'attends d'une rencontre tchat lettrée : de l'esprit, du sous-entendu, une langue qu'on prend plaisir à lire. Depuis ma terrasse, je vois la baie s'allumer pendant que j'écris. Si tes messages me tiennent éveillée plusieurs nuits, je descendrai volontiers prendre un verre sur le port. Glisse-moi une coquille volontaire, je verrai si tu la répares avec élégance.
Quand je suis connectéeLa plupart des soirs, tard, une fois mes mots fléchés terminés, et les matinées tranquilles en semaine, quand la baie est encore calme.
Ce qui me plaîtDes messages longs et soignés, des jeux de mots lestes, une montée lente du désir, puis, la confiance gagnée, une bouillabaisse partagée face aux bateaux du port Lympia.
Ce que je ne veux pasL'orthographe massacrée par paresse, les phrases sans verbe envoyées à la chaîne et les hommes mariés qui jouent les célibataires.